30.06.2008

La formation chez les Girondins de Bordeaux

A l'instar d'Arsenal, Bordeaux a confié la formation de ses jeunes à d'anciens joueurs du club. Une politique qui, comme pour les Gunners, porte ses fruits. En effet, le centre de formation des Girondins est le second de France derrière celui du Stade Rennais. De plus, Bordeaux est l'un des clubs européens qui fait le plus confiance aux joueurs formés en son sein selon "l'Observatoire des footballeurs professionnels" puisque 30% d'entre eux jouent en équipe première.

Voici les hommes qui font la formation "à la bordelaise" ainsi que le bilan de leur saison:

Patrick Battiston
○ 51 ans
○ Directeur du Centre de formation et entraîneur de la réserve en CFA
○ International français champion d'Europe en 1984 et ancien joueur entre 1983 et 1987 puis de 1989 à 1991.

Après avoir été Directeur sportif et directeur du marketing de Bordeaux, il est actuellement responsable de l'équipe réserve aux Girondins de Bordeaux et responsable du centre de formation.

Epaulé par Marius Trésor, il conduit l'équipe B des Girondins à la première place du groupe D de CFA mais échoue en 1/2 finale des réserves professionnelles à Lille (1-2) pour la deuxième fois consécutive (éliminé à Lyon en 06-07). La réserve bordelaise est la meilleure tous groupes confondus en terme de points.


Marius Trésor
○ 58 ans
○ Adjoint de Patrick Battiston en CFA (et accessoirement consultant sur W9 pour l'émission 100% Girondins).
○ Au club de 1980 à 1984.


Philippe Lucas
○ 44 ans
○ Entraîneur des 18 ans
○ Milieu de terrain polyvalent qui porta le maillot au scapulaire de 1992 à 1996.

Distancés en Championnat, avec une 5ème place seulement dans le groupe C et surtout à 13 longueurs du leader guingampais , les 18 ans girondins atteignent la finale de la coupe Gambardella perdue devant… Rennes (0-3) au Stade de France le 24.05.08 en lever de rideau de la finale de la Coupe de France (Lyon-PSG).


André Penalva
○ 41 ans
○ Entraîneur des 16 ans nationaux
○ Ancien joueur notamment de Châteauroux et de Beauvais en D2 au début des années 1990.

Dauphin des Nantais à la différence de buts, les 16 ans nationaux sont qualifiés pour la phase finale du Championnat. Placés dans le groupe 2 à Canet-en-Roussillon, les hommes de Penalva ne remportent pas un seul match et sont éliminés de la finale.


Jean-Luc Dogon
○ 40 ans
○ Entraîneur des 15 ans régionaux
○ Ancien défenseur des Girondins de 1989 à 1996
○ A remporté la Coupe Gambardella avec le Stade Lavallois en 1984.

En Mai 2006, le club annonce par un communiqué son arrivé à la tête des 15 ans régionaux pour la saison suivante lors de laquelle il remporte le Championnat.
En 07-08, les jeunes girondins conservent leur titre en restant invaincus malgré une élimination en 1/2 finale de la Coupe d'Aquitaine à Cenon aux tirs au but. Son travail semble payer puisque tous les jeunes de cette catégorie resteront au club.


Olivier Hériveau
○ Entraîneur des 14 ans fédéraux
○ N'a jamais joué à Bordeaux

Comme Penalva, il est l'un des rares éducateurs à n'avoir jamais joué pour Bordeaux. A la lutte pour le titre avec Niort jusqu'à la dernière journée dans un championnat particulièrement relevé que les jeunes girondins remportent finalement.


A cette liste, il convient de rajouter plusieurs personnes présentes dans l'organigramme du club et ayant porté le maillot au scapulaire

Michel Pavon
○ 39 ans
○ Membre de la cellule recrutement
○ Joueur entre 1996 et 2000 puis entraîneur lors de la saison 03-04 en remplacement d'Elie Baup


Dominique Dropsy
○ 57 ans
○ Entraîneur des gardiens
○ Au club entre 1984 et 1990


Jérôme Bonnissel
○ 35 ans
○ Membre de la cellule de recrutement
○ Formé à Montpellier, Girondin de 1999 à Janvier 2003


Jean-Yves De Blasiis
○ 34 ans
○ Au club de 1988 à 1996, il a terminé sa carrière dans la région à Libourne-St-Seurin puis au Bassin d'Arcachon


Philippe Goubet
○ 58 ans
○ Responsable du recrutement du centre de formation depuis Septembre 2005
○ A évolué aux Girondins de 1970 à 1980.
○ A la fin de sa carrière, il devient directeur du centre de formation du club jusqu'en 1990 avant de bourlinguer dans plusieurs clubs de France, au Gabon, à l'île Maurice et en Tunisie.
○ Il s'intéresse notamment aux jeunes de 12 à 15 ans.
○ À lire sur son rôle : www.20minutes.fr/article/67930/ Sport-Philippe-Goubet-decouvreur-de-talent-fidele-aux-Girondins.php


Roland Guillas
○ 71 ans
○ Au club de 1954 à 1960 puis de 1964 à 1967.
○ Ancien international français (9 capes et 1 but de 1958 à 1962)


Claude Petyt
○ 64 ans
○ Joueur bordelais de 1968 à 1972
○ S'occupe des débutants au centre de formation


Dans un récent entretien* donné au quotidien régional "Sud-Ouest", le président des Girondins de Bordeaux, Jean-Louis Triaud, a précisé qu'Ulrich Ramé, "quand il en manifestera l'envie", pourrait effectuer sa reconversion au sein du club et allongera ainsi la liste ci-dessus.

* www.sudouest.com/230608/girondins. asp?Article=130608aP2582035.xml

24.03.2008

De plus en plus jeunes...

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Les clubs anglais sont probablement les plus actifs sur le marché des jeunes joueurs. Puissance économique, "scouting" (recrutement) intensif et de qualité, championnat attrayant (sportivement et financièrement), la Premier League ne manque pas d'arguments pour attirer les meilleurs jeunes de leur classe d'âge, et ce, quelque soit leur provenance. Chelsea, Manchester UTD, Arsenal et consorts se livrent de véritables batailles dont l'enjeu est un adolescent de 15-16 ans au talent certes indiscutable mais à l'avenir tellement imprévisible.

Car en plus de prospecter sur tous les continents où chaque club à ses yeux et ses réseaux, l'âge de leur cible ne fait que décroître au fil des saisons. Il semble loin le temps où de jeunes adultes comme Mickaël Silvestre, Ousmane Dabo claquaient la porte de Rennes à 21 ans pour rejoindre l'Inter Milan, tout comme Sébastien Frey, 18 ans et parti de Cannes. Aujourd'hui, on se dispute des ados, voire des gamins, persuadé qu'il s'agit de LA perle que tout le monde recherche.

D'où l'usage de méthodes très contestables voire parfois à la limite de la légalité. D'où aussi le courroux des clubs formateurs qui se sentent pillés, l'indemnité qui leur versé en compensation étant très souvent minime. De plus en plus de dirigeants lésés en appellent aux instances nationales (fédérations) et internationales (UEFA et FIFA). D'ailleurs, Michel Platini souhaiterait obliger un joueur à signer dans son club formateur tandis que le fameux "6+5" refait surface (6 joueurs éligibles à l'équipe nationale du pays en question plus 5 autres joueurs étrangers dans le onze de départ). Quant aux premiers concernés, les joueurs, difficile de savoir s'ils se soucient vraiment du bien-fondé et des conséquences d'une telle décision qui fait date dans leur (courte) carrière...

Ces derniers semaines, plusieurs exemples se sont multipliés. En voici quelques-uns. Avant qu'is ne deviennent de plus en plus nombreux...

07.02.2008

Le Real Madrid, pépinnière de gardiens.

De la cantera du Real n’est pas seulement sorti le meilleur gardien d’Espagne (voire mieux), Iker Casillas. De nombreux autres portiers issus soit de l’ancienne Ciudad Deportiva, soit de l’actuelle Valdebebas évoluent en Liga. Parmi les anciens, on peut relever Cañizares, Juanmi ou Conteras, auxquels ont succédé aujourd’hui Cobeño (Alméría) et Diego López (Villarreal). Il sont même deux en Segunda : Valbuena (Albacete) et Carlos Sánchez (Castellón).

L’explication est facile pour les pensionnaires du Real Madrid Castilla, Adán et Felipe : « La cantera du Real Madrid a toujours produit des gardiens qui ont réussi en Primera División. C’est dû à la grande formation que nous recevons ici. Le travail qu’ils font avec nous, depuis les touts petits, est très bon. »

A suivre les portraits des deux gardiens du Real Madrid Castilla, Adán et Felipe.

06.02.2008

La formation au Real Madrid

Une cantera très présente : plus de 40 joueurs issus de la « fábrica blanca » jouent en Liga.

L’effectif du Real Madrid possède comme capitaine le meilleur représentant de la cantera madridiste : Raúl González Blanco. Suivent Jose María Gutierrez "Guti", vice-capitaine et Iker Casillas, le troisième homme dans la hiérarchie à pouvoir porter le brassard.
Miguel Torres et Codina sont, quant à eux, pleinement intégrés au groupe dirigé par Bernd Schuster. Et les retours de prêt de Soldado (Osasuna) et de Balboa (Racing Santander) indiquent que les portes du Real sont toujours ouvertes aux joueurs qu’il a formés.

« Cantera de España »
Plus de 40 joueurs sortis de la « fábrica » évoluent en Liga. Un chiffre qui démontre le gros potentiel de Valdebebas, le centre d’entraînement du champion d’Espagne. Il prouve aussi la qualité des équipes de jeunes du Real et le tremplin qu’elles représentent pour ces joueurs, dont un nombre infime réussira à percer en équipe première. Almería et Valladolid, deux promus, sont les équipes qui en comptent le plus : 5. Même le Barça en profite en la personne du camerounais Samuel Eto’o.

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Encore plus en Segunda
Ils sont une cinquantaine en Segunda División. Et encore, le Real Madrid Castilla est descendu en Segunda B, ce qui aurait pu faire gonfler ce chiffre d’une bonne vingtaine d’unités.

A l’étranger
D’autres championnats bénéficient aussi de la présence de joueurs passés par la cantera madrilène. On citera par exemple : Víctor Sánchez del Amo au Panathinaikos, Raúl Bravo à l’Olympiakos, Arbeloa à LIverpool ou encore Diego León à Barnsley.

Précision
Le 19.07.06, le site du Real avait publié le décompte du nombre de joueurs formé en son sein ayant disputé la Liga 05-06 :
- 48 en Liga (dont 8 au Real Madrid)
- 53 en Segunda (dont 22 au Real Madrid Castilla)

02.12.2007

L'effet Cesc

Des transferts frauduleux !

Les clubs, impuissants devant des équipes comme Liverpool, qui possède six jeunes [canteranos] espagnols.
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"You'll never walk alone." Tu ne marcheras jamais seul. Le vieil hymne popularisé par Gerry & The Pacemakers n’a jamais autant bien porté son nom que cet été lorsque Fernando Torres quitta l’Atlético de Madrid pour signer à Liverpool. L’attaquant est arrivé sur les bords de la Mersey en parlant un anglais approximatif. Peu importe. Il ouvrit la porte du vestiaire et trouva Reina, Arbeloa et Xabi Alonso. Puis direction le bureau de l’entraîneur pour converser avec Rafael Benítez. Quand il visita les installations de Melwood, le centre d’entraînement du club [la ciudad deportiva], il se sentit accompagné, entouré de mots qu’il connaissait.

Il y a six adolescents âgés de 16 à 19 ans à Melwood, le centre de formation [cantera] de Liverpool : Daniel Pacheco (Barça), Daniel Ayala (Sevilla), Mikel San José (Athletic), l’hispano-argentin Gerardo Bruna (Real Madrid), Francisco Durán (Málaga) et Miki Roque (Lleida, prêté à Xerez).

Leur présence, perçue comme une spoliation, indigne les clubs espagnols qui les ont formés : «C’est une véritable honte !» déplore Pablo Blanco, le coordinateur du centre de formation de Séville, qui vit aussi partir en son temps Antonio Barragán, aujourd’hui au Deportivo, à Liverpool. «Ils profitent des rêves des jeunes et leur proposent une bourse d’étude avec des émoluments beaucoup plus importants qu’ici. Nos salaires vont de 300 à 1500 euros par mois. Là-bas, ils sont de 3000 à 5000 euros mensuels, plus le logement. La cerise sur le gâteau étant de jouer à Liverpool, une des meilleures équipes du monde» ajoute-il. «Comme ces jeunes ne sont pas professionnels, ils peuvent partir dès l’aube ! Nous ne pouvons pas faire signer un contrat professionnel aux 450 adolescents que nous avons. Leur départ est inévitable.»

Que Liverpool s’intéresse à l’Espagne n’est pas un hasard. «Benítez et son entourage ont une grande connaissance de la formation espagnole» expliquent les clubs concernés. «En Angleterre, ils sont soumis à une loi qui les oblige à prendre des jeunes nés à proximité du club (1). Ils doivent être de vrais bûcherons (sic) à Liverpool. Nous sommes à la mode parce que le talent est en Espagne. Il n’y a qu’à voir les sélections de jeunes. En Angleterre, pour trouver un Rooney, il faut chercher parmi des milliers d’enfants.»

Ce phénomène d’exportation de jeunes joueurs espagnols, amplifié par la présence de Sergio Tejera à Chelsea et de Fran Mérida à Arsenal, a un nom. «C’est l’effet Cesc » dit Blanco. Il a démontré un talent impressionnant à Arsenal. Il est devenu une star en Angleterre. Ils lui ont ouverts les yeux et prouvé que le talent est ici.» L’argent, aussi, est en Premier League, où les clubs jouissent des contrats télévisuels les plus lucratifs d’Europe. Ce qui met la formation espagnole en danger. Et le Barça en point de mire.

«C’est une façon frauduleuse de recruter des joueurs formés dans d’autres clubs» affirme l'état-major de l’équipe azulgrana, qui vit cet été Liverpool leur arracher Pacheco, 16 ans. «Cela peut-être une récompense financière importante pour le club, mais quand on voit l’exemple de Cesc... Nous tentons de conserver le joueur comme nous pouvons. Nous l’avons fait avec Bojan et Giovani, qu’ils avaient repérés, mais pour les autres, nous ne pouvons pas lutter. C’est le cas de Pacheco» expliquent-ils. «Dans d’autres situations, pourtant, nous avons dû augmenter notre offre financière, sinon, ils partaient. Ils le font du jour au lendemain. On ne peut rien faire, même pas une contre-proposition. Ce n’est pas normal.»

Liverpool, comme quasiment tous les clubs qui recrutent un mineur, ont recours au changement de résidence des parents. Ils ne paient pas de transfert. Les équipes concernées doivent chercher de l’aide auprès de la FIFA qui a établi un barème de compensation pour les coûts de formation, en fonction du nombre d’années passées au club par le joueur et s’il est international. «Pour Barragán, nous avons touché 80 millions de pesetas» avoue Blanco.

Anfield parle espagnol. Melwood aussi. Après l’Angleterre, l’Espagne est le pays le plus représenté au centre de formation de Liverpool. Même l’entraîneur des réserves est espagnol : il s’appelle Ángel Vales. Benítez est arrivé en 2004 et ses succès ont amené les supporters à rebaptiser l’équipe en «Spanish Liverpool». Aujourd’hui, le surnom tient plus que jamais.


Traduit de Juan José MATEO, elpais.com, Madrid, 10/10/2007, consulté le 29/11/07
http://www.elpais.com/articulo/deportes/fichajes/fraudule...

(1) « En fait, les plus jeunes joueurs doivent obligatoirement provenir d’une zone géographique qui a le club pour épicentre, et dont le rayon ne peut excéder 90 km. Cela constitue un gros désavantage pour les clubs du Sud, qui sont coupés des deux plus gros réservoirs traditionnels du football anglais : le Nord-Ouest (Liverpool, Manchester) et le Nord-Est (comités du Yorkshire et de Tyneside). »
Auclair, Philippe.- « La Premier League, vivier de vaincus ».- France Football.- 2007 n°3216, p.45.