03.07.2008

Le fonctionnement du centre de formation

Comment le centre de formation des Girondins de Bordeaux fonctionne-t-il ? Quelle est la politique du club en matière de formation ? Comment les différentes équipes de jeunes s'articulent-elles au sein de cette structure ? Voici quelques éléments de réponses au travers de propos tirés d'entretiens donnés par les éducateurs au site officiel du club girondins.com.

La réserve (Patrick Battiston & Marius Trésor)
L'équipe B des Girondins évoluent en CFA, soit le 4ème échelon national. Pour la deuxième année d'affilée, elle a atteint les demi-finales du Challenge des Réserves Professionnelles, éliminée à Lille (1-2) le 27.05.08.

Pour Marius Trésor, la réserve du club doit être l'antichambre de l'équipe première. "En CFA, nous essayons de les préparer au mieux pour qu’ils puissent intégrer les professionnels si le staff fait appel à eux." Il faut que la transaction s'effectue le mieux possible. "Nous essayons de nous calquer sur le travail des professionnels. Si un de nos garçons est appelé en équipe première, il ne faut pas qu’il rencontre de problème d’adaptation au niveau du jeu. Depuis le début de la saison, nous évoluons dans un 4-4-2 classique avec quatre défenseurs, deux milieux récupérateurs, deux milieux offensifs excentrés et deux attaquants"

En compagnie de Patrick Battiston, l'entraîneur de l'équipe, il veille aussi à l'intégration des U18 qu'ils n'ont pas hésité à lancer au cours de la saison dernière. "Cette année, ils faisaient déjà partie intégrante de l’effectif. L’an dernier, nous n’avons pas attendu les dernières rencontres pour les intégrer. Ils ont commencé à jouer en CFA à partir de février-mars. C’est la politique du club." explique Trésor qui remonte même deux ans en arrière. "Lors de la saison 2005-2006, nous n’étions pas au mieux en championnat et c’est grâce à l’intégration des 18 ans que nous nous en étions sortis. A l’époque, des garçons comme Sekour, Dahmoume, Floyd Ayité ou encore Perali avaient permis de retrouver un certain équilibre. Nous avions réussi à décrocher le maintien. L’an dernier, cela s’est passé de la même façon au niveau de l’intégration des jeunes."

Placé au sommet de la formation girondine, l'ancien international français insiste sur la qualité du travail fourni au centre de formation. "Au niveau des éducateurs, tout le monde travaille en pleine harmonie. Olivier Hériveau, l’éducateur des 14 ans, prépare les garçons à évoluer avec les 15 ans de Jean-Luc Dogon et les 16 ans d’André Penalva. Philippe Lucas prend la main en 18 ans et il sait pertinemment que la CFA va prendre les éléments les plus matures lors de la deuxième partie de championnat si l’équipe réserve en a besoin."

Un système rodé qui repose sur la communication entre les différents entraîneurs. "Il y a de nombreuses concertations entre tous les éducateurs de club avant de prendre ce genre de décision donc tout se passe très bien. Je trouve que cette méthode est très bonne pour les garçons car cela leur donne une perspective personnelle en dehors de leur championnat. S’ils sont bons, ils savent qu’ils peuvent avoir une chance de jouer avec la CFA. A notre niveau, c’est la même chose car nos jeunes savent que les professionnels peuvent faire appel à eux pour les entraînements. Leur objectif, c’est donc d’être bon aux yeux de Patrick Battiston car ils savent pertinemment qu’ils auront une opportunité de se montrer au staff professionnel lors des séances d’entraînement. Les joueurs ont donc un double objectif : être bon en championnat et intégrer l’entraînement des professionnels afin de se montrer. L’an dernier, cela a souri à Kévin Tunani. Il a fait de bonnes apparitions à l’entraînement avec Ricardo et c’est l’entraîneur des professionnels qui a demandé à ce que le club propose un contrat à Kévin (prêté cette saison en National à Beauvais). J’espère que les joueurs de cette saison connaîtront le même bonheur."

Ultime récompense pour ces jeunes, un appel en équipe nationale. "Ces convocations en sélection prouvent que nous faisons du bon travail aux Girondins. D’un autre côté, cela nous met parfois dans des situations délicates" tempère Marius Trésor. En effet, plusieurs jeunes évoluent sur le continent africain et il est souvent difficile de les récupérer à temps pour les matches de Championnat.

Pour l'ancien joueur de l'OM et des Girondins, la réserve des Girondins fait aussi figure de vitrine du club. "L’objectif, c’est de présenter le meilleur visage possible dans ce championnat. Quand nous jouons contre des centres de formation, cela se passe bien car nous affrontons des jeunes joueurs qui ressemblent aux nôtres. Par contre, quand nous jouons des équipes amateurs avec des anciens professionnels ou d’anciens pensionnaires de centre de formation, c’est plus compliqué. Souvent, ces garçons ont la rage et ils nous posent énormément de problèmes. C’est là qu’il faut être costaud et c’est une très bonne école pour nos jeunes. Ils savent qu’ils en verront d’autres s’ils passent avec les professionnels, ils sont donc prévenus s’ils ont la chance de côtoyer le haut niveau."


Les U18 (Philippe Lucas)
Les 18 ans girondins ont découvert le Stade de France cette saison grâce à leur parcours en Coupe Gambardella. Battus logiquement en finale par le Stade Rennais (0-3), il n'en reste pas moins que cette génération semble promise à un bel avenir. D'autant que cette catégorie d'âge est particulière. "Effectivement, elle est spécifique car tout arrive en même temps" explique leur entraîneur, Philippe Lucas. "Premièrement, le passage entre les 16 ans et les 18 ans est délicat. En 16 ans, les joueurs jouent souvent contre des garçons qui ont le même âge alors qu’en 18 ans, ils ont souvent un an de moins. C’est une politique voulue par le club. Du coup, lors de l’arrivée dans la catégorie 18 ans, il y a un cap à franchir au niveau athlétique." En effet, pour lui, cette classe d'âge est très exigeante. "Ils doivent faire le maximum et dans la catégorie 18 ans, nous leur demandons beaucoup de choses. C’est peut-être celle où les joueurs travaillent le plus physiquement parce que physiologiquement, c’est l’âge où ils sont le plus apte à encaisser le travail. Quand les garçons atteignent leur pic de croissance, il faut les faire travailler sérieusement et les préparer pour les deux ou trois saisons suivantes avec une possible intégration à l’équipe CFA puis à l’équipe professionnelle. Trois saisons, c’est très peu pour gérer un changement aussi important. Physiquement, ils ne sont pas ménagés, c’est le moins que l’on puisse dire ! Cependant, c’est obligatoire pour qu’ils passent le cap."

Surtout pour des adolescents provenant des 16 ans. "A cet âge-là, il faut encaisser le travail physique mais aussi la différence de niveau entre le championnat des 16 ans Nationaux et celui des 18 ans. Bordeaux, même avec la présence de Rennes, Nantes ou Lorient dans la poule, reste l’équipe à battre. Il faut donc se préparer psychologiquement à vivre cela parce que nous sommes attendus partout par des joueurs ultra-motivés."

Le côté extra-sportif est aussi primordial à cet âge-là. "Il faut aussi assumer la scolarité et le baccalauréat. Enfin, ils sont sûrs de vivre leur dernière année au centre de formation parce que même s’ils sont gardés, ils doivent ensuite vivre en appartement. C’est aussi un énorme changement pour eux. Après l’année de 18 ans, les joueurs ont l’impression de changer de monde parce qu’ils considèrent que la prolongation qu’ils signent pour évoluer avec la CFA, c’est le premier gros contrat de leur carrière. C’est donc une étape très importante, presque extraordinaire pour eux. Ils entrent dans une nouvelle dimension. Les jeunes ont une énorme pression. Dès la mi-février, je ressens cela. Ils ont du mal à l’évacuer. Je dois faire mon maximum pour qu’ils pensent à autre chose mais à un moment donné, ce ne sont que des paroles."

De plus, leur situation contractuelle ne les favorise pas particulièrement. "Ils sont souvent en fin de contrat quand ils arrivent en 18 ans. En fin de saison, il y a des décisions quant à leur avenir et il redoute cette étape, ce qui est complètement logique. Mon but, c’est de leur faire comprendre que le seul moyen de ne pas avoir de regrets, c’est de donner le meilleur de soi-même, sans arrière pensée. Je les fais travailler mais ils ne doivent pas commencer à tout calculer en fonction de leur fin de contrat."

Car l'objectif à court terme est de passer au niveau supérieur, mais pas à n'importe quel prix. "Certains de mes joueurs sont capables de jouer en CFA mais ils vont prendre la place de qui ? Il faut aussi prendre cela en considération. Il vaut mieux qu’un bon joueur évolue titulaire avec les 18 ans plutôt que faire le banc avec la CFA et jouer 10 minutes mais ils n’ont pas toujours ce raisonnement parce que la CFA, c’est leur quête. Si les parents et l’agent vont voir la CFA et qu’ils en remettent une couche en disant au joueur qu’il a le niveau, qu’ils ne comprennent pas pourquoi lui n’est pas convoqué etc. Cela devient ingérable."

Celui qui a vu notamment passé des joueurs comme Marc Planus ou Matthieu Valbuena se réjouit de la politique menée par le club, privilégiant la formation des jeunes aux résultats des équipes. "Tout à fait et c’est un luxe que nous laisse les dirigeants parce que si je fais la même chose à Auxerre, je suis viré ! Nos dirigeants nous laissent carte blanche et cela donne des résultats. Il suffit de prendre l’effectif professionnel et de regarder le nombre de joueurs formés au club ces cinq dernières années. Sans parler du nombre de joueurs que nous avons dans les différentes sélections de jeunes."

Une politique qui paie. "Il y a tout de même une évolution pour les Girondins. Je me souviens qu’il y encore quatre ou cinq ans, un gamin sollicité par Nantes, Auxerre, Bordeaux et d’autres plaçait le club en troisième ou quatrième choix. Aujourd’hui, de plus en plus place le club comme premier choix. Les choses évoluent car l’équipe première marche bien et les gens voient bien que nos jeunes se révèlent et jouent en équipe première. La région, les installations, le nombre de bordelais dans les équipes de France jeunes… Tout cela nous permet d’être de mieux en mieux placés dans l’esprit des jeunes footballeurs. Quand un jeune doit faire son choix, il voit que le patron du centre et entraîneur de la CFA, c’est Patrick Battiston. Son adjoint, c’est Marius Trésor. Cela permet de situer le niveau et la compétence des gens qui gèrent le centre. Ensuite, les autres éducateurs comme moi ou Jean-Luc Dogon sont moins connus que Marius ou Patrick mais nous avons fait une carrière et tout cela offre un certain nombre de garanties. La Direction Technique Nationale reconnaît également que nous sommes sur la bonne voie au niveau du travail des jeunes et c’est important car la DTN est un organisme prépondérant dans la formation française."


Les U16 (André Penalva)
Si en Championnat, les 16 ans nationaux ont tenus la route, devancés seulement à la différence de buts par Nantes, les protégés d'André Penalva sont totalement passés au travers des phases finales de la catégorie (battus par Marseille et Sochaux, tenus en échec par les nantais).

Comme Philippe Lucas, l'entraîneur des 16 ans abonde dans la direction prise par les dirigeants bordelais en matière de formation. " Ce qui compte avant tout, c’est que nos jeunes joueurs puissent être des compétiteurs au plus haut niveau lorsqu’ils seront chez les professionnels. La formation est faite d’étapes et un championnat National comme celui des 16 ans donne des repères. Plus ils gagnent de matches et plus ils se rapprochent de leur objectif final à savoir devenir un compétiteur de haut niveau plus tard. C’est bien d’avoir un bon classement dans ce championnat mais ce n’est pas un objectif de club. Personne ne me dit de gagner le Championnat de France en 16 ans à la fin de la saison et heureusement car cela ne voudrait absolument rien dire. Cela ne veut pas dire pour autant que chaque année, nous n’avons pas l’ambition d’aller chercher ce titre avec les jeunes."

Son crédo est simple. "Notre but n’est pas de former des joueurs qui pratiquent un bon football. Nous les formons pour pratiquer un beau football qui gagne. C’est ma formule, mon leitmotiv : apprendre à bien jouer pour gagner. Dans le football, il y a une culture du beau jeu, c’est un spectacle mais il existe aussi le besoin de gagner car la réalité économique est là. Un club qui ne gagne pas ne fonctionne pas. Il faut donc former les jeunes avec cette double idée : le beau jeu et la nécessité de gagner à cause de la réalité économique. Je pense que les gens qui viennent au stade ne veulent pas seulement voir leur équipe gagner. Ils veulent aussi voir du spectacle, de belles actions, de la créativité… Bien jouer et gagner, c’est un gros challenge mais c’est complètement faisable."

Comme chaque classe d'âge, la catégorie des 16 ans possède elle aussi ses particularités. "En 16 ans, le travail tactique à proprement dit commence vraiment à devenir sérieux alors que ce n’est pas forcément le cas dans les catégories inférieures, en 13, 14 ou 15 ans. plus jeune, nous travaillons surtout les gammes, les principes de jeu. A 16 ans, les jeunes entrent dans le peaufinage tactique sur un plan défensif. Nous leur apprenons différents schémas tactiques, le 4-4-2, le 4-5-1, le « zone-presse », la « zone à quatre »…"

Un passage obligé donc. "Oui, c’est impératif à cet âge-là. Le championnat possède un niveau relevé et une équipe de 16 ans Nationaux ne peut pas se permettre de disputer ce championnat si elle n’est pas au point sur un plan tactique. Il y a de très bonnes équipes et sans bases tactiques, nous passerions au travers. De plus, il ne faut pas oublier que les garçons ont 16 ans au début et 17 ans en fin d’année. cela veut dire que le meilleur d’entre eux peut être amené à rejoindre les professionnels la saison suivante ou dans les deux ans. Cela va très vite. A 17 ans en football, un joueur devient adulte et ce dernier est parfaitement apte à évoluer avec les professionnels. Du coup, il vaut mieux être prêt tactiquement car dans le cas contraire, l’entraîneur des professionnels ne serait pas très content."

Car les joueurs qui arrivent des 15 ans doivent rapidement s'adapter aux exigences d'un championnat très relevé. " Les jeunes mûrissent en changeant de catégorie. Il est évident que le championnat régional des 15 ans est moyen mais nous avons de bons footballeurs qui se mettent vite au rythme. Nous avons aussi quatre semaines de préparation et des matches amicaux. Nous disputons aussi un tournoi de début de saison à Cannes qui est très relevé. Il n’y a pas d’inquiétudes sur ce plan, les jeunes se mettent rapidement dans le rythme." Penalva, en outre, n'hésite pas à faire le trajet pour voir évoluer ses futurs joueurs. " Je vois les 15 ans à l’entraînement et je me déplace régulièrement pour suivre leurs matches. Je les sens bien. Ce sont des jeunes à l’écoute. Je connais déjà leurs points forts et je crois bien cibler ce qu’il faudra travailler. Il faudra les faire évoluer au maximum car je pense qu’il n’y a pas de limite à la progression."

Ceux qui partent intègrent les 18 ans de Philippe Lucas. "Tactiquement et techniquement, il n’y a pas de grandes différences. Par contre, le niveau est plus élevé sur un plan physique, les joueurs sont plus matures, plus vifs, plus puissants également. Cela change car ils vont être confrontés à un football presque adulte. C’est sur ces points que les changements sont très forts. En 18 ans, la moindre erreur se paye beaucoup plus qu’en 16 ans. Je pense qu’ils sont aussi prêts que possible après une saison de 16 ans. C’est à dire qu’il reste encore des choses à assimiler. Les quelques joueurs qui connaissent déjà la catégorie vont les aider à se mettre plus vite au diapason. "


Les U15 (Jean-Luc Dogon)
Pour la seconde saison consécutive, les 15 ans régionaux emmenés par l'ancien défenseur des girondins, Jean-Luc Dogon, ont remporté le Championnat avec la meilleure attaque (4 buts en moyenne par match) ainsi que la meilleure défense tout en restant invaincu. Pourtant, ce titre fut plus difficile à conquérir. " Nous n’avons pas beaucoup de points d’avance sur le deuxième. En comparaison, l’année dernière, nous avons terminé premiers avec beaucoup plus de points d’écart en ayant pourtant perdu des rencontres. Cette année, il y avait deux équipes qui tenaient le choc, Bayonne et Villenave, et après il y avait beaucoup de différence avec le reste de la poule. Mais nous n’avons pas surclassé le championnat" raconte l'entraîneur.

Une belle performance cette catégorie sachant que "le problème principal dans un championnat comme celui des 15 ans, c’est la concentration. Ne pas perdre donne un objectif aux joueurs et cela leur permet de ne pas sortir du match" explique Dogon, aux manettes d'un effectif de qualité. "Certains d’entre eux sont partis jouer avec les 16 ans, c’est un signe de bon niveau. Les jeunes vont tous rester aux Girondins l’année prochaine, c’est encourageant pour la suite."

C'est la classe d'âge où les joueurs évoluent le plus physiquement, mais pas seulement. "C’est un âge où les jeunes changent énormément. Certains ont pris dix centimètres, d’autres sept ou huit kilos. Ils ont forcément des périodes moins bonnes car ils doivent s’habituer à ce nouveau corps. Mais certains ont progressé physiquement, tactiquement, certains sont déjà très forts mentalement, je pense sincèrement qu’il s’agit d’une bonne génération, qui vit bien ensemble et qui progresse ensemble. C’est une bonne chose qu’ils restent tous l’année prochaine et qu’ils continuent de progresser ensemble."

Mais difficile de dégager la future perle du centre de formation. "Certains sont en avance sur d’autres cette année, mais cela n’est pas vraiment significatif, cela peut s’inverser la saison prochaine. Le championnat le plus relevé et le plus intéressant pour se donner une idée du véritable potentiel des joueurs reste celui des 18 ans. Le niveau est très élevé et les joueurs atteignent leur morphologie définitive. C’est là que nous pouvons détecter le potentiel des jeunes, et les faire jouer à un niveau supérieur."

D'ailleurs, tous les éducateurs du centre de formation échangent beaucoup au sujet de leurs joueurs. "Cela fait partie de notre travail. Nous sommes dans le même bureau, c’est déjà plus pratique. Je vais voir certaines rencontres des 14 ans, je suis en contact avec l’entraîneur des 16 ans parce que je lui envoie quelques-uns de mes joueurs quand il a besoin. Nous sommes obligés d’avoir des échanges, c’est intéressant aussi, et cela me permet de voir ce qui m’attend l’année qui suit."

30.06.2008

La formation chez les Girondins de Bordeaux

A l'instar d'Arsenal, Bordeaux a confié la formation de ses jeunes à d'anciens joueurs du club. Une politique qui, comme pour les Gunners, porte ses fruits. En effet, le centre de formation des Girondins est le second de France derrière celui du Stade Rennais. De plus, Bordeaux est l'un des clubs européens qui fait le plus confiance aux joueurs formés en son sein selon "l'Observatoire des footballeurs professionnels" puisque 30% d'entre eux jouent en équipe première.

Voici les hommes qui font la formation "à la bordelaise" ainsi que le bilan de leur saison:

Patrick Battiston
○ 51 ans
○ Directeur du Centre de formation et entraîneur de la réserve en CFA
○ International français champion d'Europe en 1984 et ancien joueur entre 1983 et 1987 puis de 1989 à 1991.

Après avoir été Directeur sportif et directeur du marketing de Bordeaux, il est actuellement responsable de l'équipe réserve aux Girondins de Bordeaux et responsable du centre de formation.

Epaulé par Marius Trésor, il conduit l'équipe B des Girondins à la première place du groupe D de CFA mais échoue en 1/2 finale des réserves professionnelles à Lille (1-2) pour la deuxième fois consécutive (éliminé à Lyon en 06-07). La réserve bordelaise est la meilleure tous groupes confondus en terme de points.


Marius Trésor
○ 58 ans
○ Adjoint de Patrick Battiston en CFA (et accessoirement consultant sur W9 pour l'émission 100% Girondins).
○ Au club de 1980 à 1984.


Philippe Lucas
○ 44 ans
○ Entraîneur des 18 ans
○ Milieu de terrain polyvalent qui porta le maillot au scapulaire de 1992 à 1996.

Distancés en Championnat, avec une 5ème place seulement dans le groupe C et surtout à 13 longueurs du leader guingampais , les 18 ans girondins atteignent la finale de la coupe Gambardella perdue devant… Rennes (0-3) au Stade de France le 24.05.08 en lever de rideau de la finale de la Coupe de France (Lyon-PSG).


André Penalva
○ 41 ans
○ Entraîneur des 16 ans nationaux
○ Ancien joueur notamment de Châteauroux et de Beauvais en D2 au début des années 1990.

Dauphin des Nantais à la différence de buts, les 16 ans nationaux sont qualifiés pour la phase finale du Championnat. Placés dans le groupe 2 à Canet-en-Roussillon, les hommes de Penalva ne remportent pas un seul match et sont éliminés de la finale.


Jean-Luc Dogon
○ 40 ans
○ Entraîneur des 15 ans régionaux
○ Ancien défenseur des Girondins de 1989 à 1996
○ A remporté la Coupe Gambardella avec le Stade Lavallois en 1984.

En Mai 2006, le club annonce par un communiqué son arrivé à la tête des 15 ans régionaux pour la saison suivante lors de laquelle il remporte le Championnat.
En 07-08, les jeunes girondins conservent leur titre en restant invaincus malgré une élimination en 1/2 finale de la Coupe d'Aquitaine à Cenon aux tirs au but. Son travail semble payer puisque tous les jeunes de cette catégorie resteront au club.


Olivier Hériveau
○ Entraîneur des 14 ans fédéraux
○ N'a jamais joué à Bordeaux

Comme Penalva, il est l'un des rares éducateurs à n'avoir jamais joué pour Bordeaux. A la lutte pour le titre avec Niort jusqu'à la dernière journée dans un championnat particulièrement relevé que les jeunes girondins remportent finalement.


A cette liste, il convient de rajouter plusieurs personnes présentes dans l'organigramme du club et ayant porté le maillot au scapulaire

Michel Pavon
○ 39 ans
○ Membre de la cellule recrutement
○ Joueur entre 1996 et 2000 puis entraîneur lors de la saison 03-04 en remplacement d'Elie Baup


Dominique Dropsy
○ 57 ans
○ Entraîneur des gardiens
○ Au club entre 1984 et 1990


Jérôme Bonnissel
○ 35 ans
○ Membre de la cellule de recrutement
○ Formé à Montpellier, Girondin de 1999 à Janvier 2003


Jean-Yves De Blasiis
○ 34 ans
○ Au club de 1988 à 1996, il a terminé sa carrière dans la région à Libourne-St-Seurin puis au Bassin d'Arcachon


Philippe Goubet
○ 58 ans
○ Responsable du recrutement du centre de formation depuis Septembre 2005
○ A évolué aux Girondins de 1970 à 1980.
○ A la fin de sa carrière, il devient directeur du centre de formation du club jusqu'en 1990 avant de bourlinguer dans plusieurs clubs de France, au Gabon, à l'île Maurice et en Tunisie.
○ Il s'intéresse notamment aux jeunes de 12 à 15 ans.
○ À lire sur son rôle : www.20minutes.fr/article/67930/ Sport-Philippe-Goubet-decouvreur-de-talent-fidele-aux-Girondins.php


Roland Guillas
○ 71 ans
○ Au club de 1954 à 1960 puis de 1964 à 1967.
○ Ancien international français (9 capes et 1 but de 1958 à 1962)


Claude Petyt
○ 64 ans
○ Joueur bordelais de 1968 à 1972
○ S'occupe des débutants au centre de formation


Dans un récent entretien* donné au quotidien régional "Sud-Ouest", le président des Girondins de Bordeaux, Jean-Louis Triaud, a précisé qu'Ulrich Ramé, "quand il en manifestera l'envie", pourrait effectuer sa reconversion au sein du club et allongera ainsi la liste ci-dessus.

* www.sudouest.com/230608/girondins. asp?Article=130608aP2582035.xml